TBI 10-05-2014 10 29 504e, 7h11 de course, une mer énorme aux poulains et un retour au spi à plus de 10 nœuds de moyenne. C’était notre prétention encore 20 minutes avant le départ. Le sort en aura décidé autrement.
En réalité l’allegro a commencé dès vendredi. L’équipage constitué pour ce tour de Belle île compte en effet pas moins de 3 novices, pour qui un phoque représente plus un mammifère de la famille des phocidés qu’une voile d’avant. Avec l'interview video des voileux par l'organisation

Un entraînement était donc tout indiqué avant de prendre la mer le samedi. Nous ferons la liaison Le Bono-la Trinité. Voir l'article sur la croisère dans le Golfe.

Manu Marc , Isabelle et Martine, seront nos professeurs, Paul nous accompagne. Antoine et moi même nous positionnons à l’embraque, Donatien au piano. Les premiers changements de bord sont laborieux, c’est un euphémisme. Mais petit à petit, les gestes deviennent plus naturels, choquer et border sont entrés dans notre vocabulaire, et nous nous efforçons d’effectuer nos manœuvres le plus efficacement possibles. Les mots balancine, cunningham, drisse, écoutes, ne semblent plus effrayer Donatien.

Les changements de bord se succèdent sur une mer belle et sous un ciel bleu. Nous rejoignons La Trinité qui indique la fin de notre premier périple. 3h sur l’eau nous ont « amarinés », et nous attendons désormais le lendemain avec impatience. La météo semble vouloir nous poser un défi, avis de BMS, 2,50 à 4m de creux, plus de 30 nœuds. Suffisant pour un beau baptême du feu, ou plutôt en l’occurrence, de mer.
Nous sommes prêts à en découdre, demain sera un grand jour.

La Video du Tour de Belle Ile : impressions d'acvant des voileux


La météo s’emploie dès notre réveil à nous rappeler dans quoi nous nous engageons. Il fait froid, il pleut des trombes d’eau, nous ne sommes pas encore sortis du port que nous sommes déjà trempés. Le vent souffle fort, l’anémomètre indique plus de 25 nœuds. Les voiles de course sont prêtes, on les sent impatientes de se gonfler. Il n’y aura pas d’adagio, la course ne sera qu’un presto.  L’organisation signale aux équipages que les bateaux quelque soit leur flamme doivent effectuer le petit tour.  [NDLR : les Poulains au Nord- Les Galères à la pointe sud de Belle Ile, par "lintérieur"]
Nous sortons du port, Pierre est à la barre, Eric fait la navigation et aide les débutants que nous sommes encore. Benjamin est à la GV, Paul fait numéro 1. Nous avons gardé nos postes d’entrainement.

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Les vagues viennent cogner contre la coque, décidément nous sommes secoués. Nous hissons la GV. Le vent souffle fort et nous préférons mettre un ris. Donatien est impeccable au piano. Nous nous plaçons au rappel. Les vagues ne nous épargnent pas et viennent nous rappeler qu’ici l’eau est salée. Elles semblent préférer le visage de Paul, il faut dire qu’il a l’arrogance de se mettre à l’avant, comme pour les défier.

Nous hissons désormais le Solent. Les winchs chauffent. Je me remets au rappel rapidement, le bateau gite trop, et Benjamin doit choquer la GV. Nous cherchons la ligne de départ. Les bouées ne sont pas alignées et nous ne voyons pas comment le départ pourrait être donné. Les mêmes interrogations se font entendre à la VHF. L’organisation ne fournit pas plus d’élément et le départ prend du retard. Nous avons déjà passé plus d’une heure sur l’eau et nous ne savons toujours pas quand la course va enfin démarrer.

Dans l’attente nous affalons le Solent. Une bouée est tombée à la mer. Benjamin se saisit de la perche et tente de la récupérer, mais échoue, elle passe sous le bateau et ressort sous les pieds d’Antoine.

Un bateau s’approche dangereusement de nous, la bouée sort de notre attention, et l’inquiétude augmente car l’Océanis ne change pas de cap et fonce droit sur nous. La collision semble de plus en plus inévitable, et ne provoque toujours pas de réaction dans l’autre bateau, dans moins de 5 secondes nous allons taper.

Une dernière vague pousse ce bateau contre le nôtre, le choc est violent, il y aura des dégâts. Sur l’autre bateau le numéro 1 tente d’écarter les bateaux avec ses pieds. Sa tentative dangereuse a bien sûr été vaine, et leur barreur est toujours incapable de sortir son bateau. Nous tapons une seconde fois, leur baume est totalement libre et vient visiter notre pont, sans toutefois, par chance, heurter nos haubans.
Pierre démarre le moteur et fait reculer le bateau. Nous sommes sortis de la zone. Eric donne un premier verdict.

Le pont montre une fissure. Le chandelier est fragilisé. Nous ne pourrons pas continuer plus loin. Notre course s’achève donc avant même d’avoir pu démarrer. La frustration gagne l’ensemble de l’équipage. Nous rentrons au port. Le soleil rayonne désormais dans le ciel, comme pour nous narguer davantage.

C’est sur cette note que se termine notre aventure. Mais nous en sommes sûr, nous reviendrons l’an prochain…

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Commentaires   

#2 Eric 18-05-2014 16:48
Je décolère pas. On était écartés de la flotte, quasiment arrêtés, et tribord. Et ce gland arrive bâbord, nous éperonne sans réagir, et nous dit après "oh, mais je pensais que vous étiez au moteur et que vous alliez dégager". Faut oser.
Evidemment, la citation qui s'impose c'est Audiard et les cons qui osent tout. Mais pour une fois, soyons infidèles aux tontons et citons Timsit : "tout les ans il y a de plus en plus de cons, mais cette année j'ai l'impression que les cons de l'année prochaine sont déjà là"
Pas de pot. Espérons
#1 Manuel 17-05-2014 16:50
Partie remise, revenez bientôt. Il ya des croisières et des convoyages cet été, avant les entrainements d'automne qui reprennent en Octobre

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