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Trois jours de croisière entre potes de la boite, alors que l’été s’attarde un peu sur les côtes de Bretagne. Deux ans qu’on la remet, cette sortie, à cause d’une double chute : D’abord celle du mât qui, en tombant à l’Aber Wrach en 2013, entrainait avec lui les sorties de septembre. L’année suivante, c’était l’équipage du Tour de Belle Ile qui tombait. Qui tombait sur l’idiot du village qui coupa presque Electron en deux.Mais cette fois c’est la bonne. Ils sont là. Ils arrivent du grand Est de la France, la voiture pleine de cirés, de bottes, de bière et de cocottes.

Oui, ca y est, on est prêts, on part. Ils m’écoutent poliment leur dire des mots étranges, Amar, Drice, Wintch, Choq, Foq, Lof, en se demandant in petto ce que j’ai bien pu fumer. Mais enfin, au petit Trého ça va déjà mieux. A La Teignouse on se détend, et aux Birvideaux c’est l’euphorie. La pétole devient brise, le génois monte, le bateau gite, et on comprend à ses dépens que même la sieste exige un peu d’expérience, sinon gare à la chute de banette.

A Port Tudy, c’est l’effervescence. Le port est blindé. Il reste éventuellement l’avant-port, à condition de s’insérer dans le paquet de bateaux comme un suppositoire dans … pardon. A terre, Beudeff n’est plus Beudeff, mais il y a d’autres endroits pour refaire le monde et la journée. Le lendemain, on contourne Groix en la laissant à bâbord, puis on pique sur la Pointe des Poulains. Le temps est magnifique, on est au bon plein à 4-5 nœuds, et Belle-Ile sort de l’horizon au fur et à mesure que Groix s’y enfonce. Avec cette mer plate et ce vent qui a tourné à l’Est pendant la nuit, on va pouvoir aller à Ster Wenn. C’est dimanche, ce soir il n’y aura presque personne. On y arrive en milieu d’après midi. Quelques retardataires paressent encore, mouillés au milieu de la crique, puis partent. On est les premiers à s’installer pour la nuit en passant un bout à terre.

Ster wenn, c’est le paradis. On se baigne, on boit, on balade, on picole, on pêche, on sirote, on cuisine, ça dessèche, la nuit tombe, il fait soif. Je leur avais dit d’économiser l’eau . Ah çà, ils n’y ont pas touché.

On se remet en route au petit matin. Le brise a fraichi, et la pointe des Poulains est agitée. Mais c’est notre troisième jour de nav, alors changer le génois pour le solent tandis que l’étrave pioche dans les vagues n’est qu’un jeu d’enfants. Une courte escale pour déjeuner dans l’anse des Béniguets, puis c’est le retour à La Trin.

Alors, c’est vrai que c’est loin la Bretagne mais ça vaut le coup, non, les gars ?

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