Tontons 2013.12.06C'est par un type en ciré, sur le port de Saint Vaast la Hougue, que je l'ai appris. Un petit vent d'est aigrelet nous faisait remonter les cols et fermer les écoutilles, mais quelqu'un derrière moi qui grommelle "j'ai connu une polonaise qu'en prenait au p'tit déjeuner", ça m'a fait dresser l'oreille.

 

Un autre a enchaîné "Et la taulière, une blonde comak ...".  Ils étaient trois, la cinquantaine tassée. "Lautner ...". Ca m'a foutu un coup.

Moi, mes madeleines, c'est "Diva" et "La Dolce Vita". De Lautner j'avais probablement vu "Le Professionnel", "Le Guignolo", mais pas "Les tontons flingueurs". Alors le premier soir à Crac'h, au Spi 2012, quand Manuel et Michel nous ont déroulé le dialogue Ventura-Blier-Blanche qui commence par "Le tout venant a été piraté par les mômes. Qu'est-ce qu'on fait ? On se risque sur le bizarre ? " j'avoue que j'ai été interloqué. Ca ressemblait à un code, un louchebem local. 

En fait à Crac'h, "Les tontons..." c'est fondateur. Tous les ingrédients sont là, ou presque. Les copains, les méchants pas si méchants que ça contre lesquels on va tirer des bords, quelques jolies filles qui ont à peine passé leur bachot, une 404 Peugeot, les histoires qu'on raconte après quelques verres, la collecte en fin de week end, les boissons pour hommes que Lionel ramène avec un air gourmand, la petite sonate de Corelli au banjo sur le téléphone de Manuel. Et le plus beau bateau du monde, qui n'est pas une péniche. "Les Tontons flingueurs", c'est un mode de vie, une éthique, une tribu qui s'agrandit de régates en entrainements. Les initiés échangent des mots de passe : "On devrait jamais quitter Montauban"; "y en a aussi". 

 

J'ai adhéré. Depuis le Spi 2012, j'ai "Les tontons ..." sur l'écran de mon PC. Quand j'ai un petit coup de mou, j'en déguste un extrait. Au hasard. Au petit bonheur la réplique. "Patricia mon petit, [ ] ton Antoine commence à me les briser, menu". En réunion chez un client, récemment, je glisse "c'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases". L'un de mes interlocuteurs répond "Il connaît pas Raoul". Ca rapproche. 

 

Il faisait vraiment froid sur le port de Saint Vaast ce matin-là. Ils ont continué à échanger mollement quelques répliques du film, et puis l'un des quinquas tassés, l'intello de la bande, sans doute, a conclu : "N'empêche, c'était pas son meilleur film, à Lautner....". Fallait oser. Mais les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît !   

Commentaires   

#1 Manuel 06-12-2013 18:46
Quand ça change, ça change, faut pas se laisser démonter:)

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